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C.L.U.T.C.H.I.N.G . A.T . S.T.R.A.W.S

Clutching At Straws est accouché dans la douleur. Il arrive dans les bacs le 22 juin 1987.

Changement de logo, pochette simple (non plus ouvrante comme pour ceux de la Trilogie), et de couleur noire (c'est leur Black Album qui préfigure le deuil de la séparation à venir) avec un contenu sombre, intense et splendide.

La tournée démarre à Gdansk (Pologne) le 22 juin 1987 (le jour de la sortie de l'album) et se termine le 23 juillet 1988 à Saint Andrews (Écosse).

Le 15 septembre 1988, le divorce est consommé. FISH quitte le groupe.

Il n'aura fallu que 15 mois pour en arriver là...

 

Vous voulez en savoir plus sur Clutching At Straws ?

Alors allez sur le site du Fan Club français de MARILLION The Web France - Paperlies.

Sur leur Forum, les échanges divers consacrés comme il se doit à MARILLION sont très intéressants. Mais jetez particulièrement un œil à ceux consacrés à la sortie du Coffret Clutching At Straws, c'est vraiment passionnant. Vous y apprendrez des informations incroyables.

HOTEL HOBBIES

Dans un article de "N°1 Magazine" écrit par Debbie Voller paru le 30 mai 1987, FISH dit :

"Tous les morceaux sont dédiés aux endroits qui m'ont inspiré, et cette chanson me rappelle toujours le temps où je suis allé au Champney afin de devenir sobre pendant une semaine. C'était une perte de temps totale !

Je n'évitais pas les bouteilles, je sortais en douce. J'étais la seule personne du Spa à me réveiller avec la gueule de bois ! Cette chanson parle des tournées quand il est vraiment tard dans la nuit et que vous vous ennuyez, et vous entendez toutes ces filles errer dans les couloirs et vous regardez à travers le judas de la porte pour voir ce qui se passe ! Tout l'album parle d'un gars qui s'appelle Torch, un écrivain à succès qui essaie de changer son style de vie, de devenir sobre et d'écrire un nouveau livre. Il est dans un hôtel, sa dernière bouteille est vide et il a fumé sa dernière cigarette - il va mal."

(1) Hotel hobbies padding dawns hollow corridors : un ami avait soumis à un traducteur de l'ONU les premières phrases de cet album. Il lui avait répondu que c'est intraduisible en français car criblé de jeux de mots typiquement anglais. "Hotel Hobbies" contient ainsi un jeu de mot avec Hotel Lobbies (Réceptions d'Hotel). Cependant, étant donné les explications données ci-dessus par FISH et la teneur générale de la chanson, nous l'avons ainsi traduite par "Lassitude d'Hôtels".

(2) The tell tale tocking of the last cigarette : FISH parle ici du bruit fait par la dernière cigarette dans le paquet de clopes (et qui indique par la même occasion l'heure tardive puisque le paquet est vide).
(3) happy hour : Cette pratique britannique qui consiste à proposer la pinte de bière à moitié prix durant cette "Happy Hour" était alors inconnue en France.

(4) (Champney's Health Farm, Tring) : Comme le dit FISH plus haut, chaque chanson est rattachée directement à un lieu dont le vécu et le souvenir a inspiré les textes. Ici, c'est la Station Thermale de Champney. On va ainsi passer d'Hotels à des Bars, de Pubs à un avion en passant par un Aéroport ou un Tour Bus...

 

 

WARM WET CIRCLES

 

Toujours dans le même article de "N°1 Magazine" écrit par Debbie Voller paru le 30 mai 1987, FISH dit :

"Cette chanson parle des petites choses dans les patelins. Le danger de se retrouver piégé dans la routine de 9h00 à 17h00, puis de descendre au pub et de parler de choses que vous ne ferez jamais vraiment, vous savez, "J'adorerais traverser l'Amérique en Cadillac ou grimper l'Himalaya avec un sac à dos". Où le héros local est le meilleur joueur de fléchettes, où vous épousez la fille que vous avez rencontrée dans le pub à 16 ans. Torch retourne dans ses vieux repaires et voit comment il était et cela lui fait peur. Et il regarde tous les ivrognes du bar tard dans la nuit traçant les cercles de leurs pintes avec leurs doigts - les alcooliques font toujours ça !"

(1) Like a bullet hole in Central Park : L'ex-Beatle John Lennon (alors héroïnomane et alcoolique en convalescence) a été abattu par un "fan'', le 8 décembre 1980. Lennon allait rentrer dans son appartement donnant sur Central Park à New York. Au moment de sa mort, il était sur le point de sortir un nouvel album qui semblait prêt à le réhabiliter après une longue traversée du désert, et était sur le point de se réconcilier avec Paul McCartney après des années de brouille.
(2) Fidra lighthouse : Fidra est une petite île rocheuse au large de la côte d'East Lothian (à l'est d'Édimbourg, en Écosse). Il y a une réserve naturelle sur cette partie de la côte et c'est le genre d'endroit où les gens vont pour se retrouver en couple en toute intimité. C'est une belle région. Il y a un petit phare automatique sur l'île.
(3) She'll let a lovers tongue move in a warm wet circle : Cette phrase pleine d'érotisme est certainement à l'origine du sticker apposé sur chaque Maxi de "Warm Wet Circles", qui disait : "This records contains material which may cause offense" (cet enregistrement contient des éléments qui peuvent choquer).

THAT TIME OF THE NIGHT

(The Short Straw)

 

Dans "N°1 Magazine" écrit par Debbie Voller paru le 30 mai 1987, FISH dit :

"C'est sur la paranoïa ! Torch se débat contre tous ses vices et se sent paranoïaque et désespérée de sentir une présence près de lui. La nuit où j'ai commencé à écrire cela, j'étais dans un hôtel et je ne pouvais pas dormir. À l'extérieur les arbres bougeaient et la lune semblait traverser la fenêtre et envoyer des formes comme des croix sur les murs. Et ça signifiait soudainement quelque chose, tu sais, je me suis retrouvé à penser à la religion et à la mort - c'était une nuit assez terrifiante !"

(1) Clutching the short straw : La cocaïne est souvent reniflée avec une courte paille, souvent formée à partir d'un billet de banque roulé. Il a été rapporté que tous les MARILLION de l'ère FISH se sont livrés à cette petite fantaisie à un moment ou à un autre. FISH, en tant que visage public du groupe, était connu pour sa consommation de cocaïne, ce qu'il a documenté dans les paroles de "Clutcing At Straws". Il a été une fois surpris par un photographe paparazzi qui a publié la photo en première page de l'un des tabloïds britanniques les plus réputés.

Mais il y a bien un double sens. Cela fait également allusion à "Tirer à la courte paille", ce qui indiquerait la malchance ou le fait d'être malheureux. Ainsi, la personne qui tire la courte paille a perdu.
(2) Your confidence wounded in a free fire zone : Expression américaine employée lors de la guerre du Vietnam. Utilisée pour qualifier des zones sans américains ni civils, où donc tout ce qui bougeait était ennemi et susceptible d'être abattu (voir "Assassing").

 

GOING UNDER

(1) Thrown on the beach like a seal ready for slaughter : Allusion à la chasse aux phoques.
(2) I took to the drink : "La boisson" est un langage familier britannique pour la mer.

JUST FOR THE RECORD

 

Dans "N°1 Magazine" écrit par Debbie Voller paru le 30 mai 1987, FISH dit :

"C'est à propos du besoin d'être de bonne humeur et de ramener des boissons au bar et de dire : "Je peux m'arrêter n'importe quel jour, ce n'est paaaaas un problème ! Je n'ai pas de problème de boisson !" Alors qu'en fait, vous avez un grave problème de boisson !"

(1) Just for the record I'm gonna put it down : Nous avons choisi de traduire le titre par "Juste pour info".

(2) Both of them are out of it at the bar : La signification de "To be out of it" est "être pété", "être bourré". Mais nous avons plutôt choisi le terme "plein" (plein comme une barrique) qui joue avec la notion de parts qui sont chacune, pleines.

WHITE RUSSIAN

 

Dans "N°1 Magazine" écrit par Debbie Voller paru le 30 mai 1987, FISH dit :

"C'est une chanson lourde et intrigante qui touche à la politique et traite du problème de l'antisémitisme en Autriche. Torch observe toutes ces choses qui baffouent sa conscience et lui font sentir qu'il doit agir et faire face à la réalité. Il y a un gros combat entre les deux parties de la conscience de Torch : la réalité et la fuite. Mais il choisit de s'enfuir et prend un avion pour rentrer chez lui. Il est sens dessus dessous à ce moment-là !"

(1) They boarded up the synagogues, Uzis on a street corner : Les Uzis sont des fusils mitrailleurs israéliens.
(2) Surface scratched where the needles play : Une allusion probable à la surface du disque trop souvent passé par le DJ.
(3) Terror in Rue de St. Denis, murder on the periphery: Références à des attentats antisémites à Paris. Le 9 août 1982, fusillade de la rue des Rosiers (6 morts, 22 blessés) à 15 minutes de la Rue de Saint Denis. Le 29 mars 1985, un attentat à la bombe détruit le cinéma Rivoli Beaubourg (4e arrondissement de Paris) lors d'un festival du film juif où l'on projette "Eichmann, l'homme du 3ème Reich". 18 blessés dont Fabrice Nicolino qui sera à nouveau blessé dans l'Attentat contre Charlie Hebdo (2015) à 10 minutes de la Rue Saint Denis.
(4) I heard in on the Telegraph : Diminutif du journal londonien, le Daily Telegraph.
(5) But to stand up and fight I know we have six million reasons : Les raisons de se lever et de se battre sont le nombre estimé de Juifs exterminés durant l'Holocauste lors de la Seconde Guerre mondiale.
(6) The heralds of the holocaust : Le héraut était un officier dont le devoir était de proclamer la guerre ou la paix, de porter des défis au combat et des messages entre souverains. Les hérauts avaient leurs préposés appelés des poursuivants. De nos jours, la guerre ou la paix est toujours déclarée par les hérauts, mais leur devoir principal en tant que fonctionnaires de la cour est de superviser les fonctions de la cour.
(7) We buy fresh bagels from the corner store : Les bagels sont des petits pains d'une dizaine de centimètres de diamètre originaires d'Europe centrale ou orientale et sont typiques de la culture juive.
(8) I sit in the bar sipping iced White Russian : Le White Russian est un cocktail alcoolisé. Selon le Tour Programme de Clutching at Straws, c'est le cocktail favori du groupe, dont voici la recette :

  • Deux verres à liqueur de Vodka

  • Deux verres à liqueur de crème de cacao (ou de liqueur de café)

  • Cinq cuillères de crème fouettée sucrée

  • Quatre glaçons

Mettre les glaçons dans un verre à Whisky. Ajouter la vodka et la crème de cacao. Bien remuer. Ajouter la crème fouettée.

Garnir éventuellement avec des fruits coupés en petits dés.
(9) Trying to score but nobody's pushing : Une référence à la possession (de "notation") de substances illicites auprès d'un revendeur (ou "pousseur").

 
 

INCOMMUNICADO

 

Toujours dans "N°1 Magazine" écrit par Debbie Voller paru le 30 mai 1987, FISH dit :

"C'est une déviation indispendable de "White Russian" et c'est une sorte d'approche macho et vaillante ! Torch veut vraiment être célèbre mais il ne veut pas des responsabilités qui vont avec la célébrité. "Incommunicado" est un autre mot pour dire "bourré" !"

(1) I'm a citizen of Legoland travellin' incommunicado : L'expression "to be held incommunicado" signifie "être tenu au secret". Cependant, nous avons choisi de garder "incommunicado" tel quel car le mot se comprend plutôt bien en français, mais aussi parce que sa signification va bien plus loin. On peut le comprendre comme le refus de communiquer, qui fait que l'on se comporte en autiste. Et enfin, comme le dit FISH ci-dessus, "Incommunicado" est un autre mot pour dire "bourré"
(2) And I don't give a damn for the Fleet Street aficionados : Fleet Street, principale rue de la City à Londres, est le siège de la presse écrite britannique. En réalité, même en 1987, une grande partie de la presse avait déménagé dans des endroits comme Wapping où ils pouvaient loger sous un même toit à la fois la rédaction et l'imprimerie. Dans le langage courant, désigne tout simplement la presse, au sens général du terme. Aficionados est un jeu de mots sur le nom de FISH, et fait référence aux paparazzi des torchons tels que le SUN et le MIRROR.
(3) I want my hand prints in the concrete on Sunset Boulevard : Petite anecdote à propos de Los Angeles et des paroles. En fait, il n'y a pas d'empreintes de mains sur Sunset Boulevard. Elles sont en face du Chinese Theatre sur Hollywood Boulevard…
(4) A dummy in Tussaud's you'll see : Le célèbre musée de statues de cire de Londres, Madame Tussauds, fondé à Londres en 1835 par l'artiste française Marie Tussaud.
(5) I'm a Marquee veteran, a multimedia bona fide celebrity: Une référence au Marquee Club (comme pour Cinderella Search), le repère d’ivrognes préféré de FISH, mais aussi une des plus célèbres salles de concert de Londres où MARILLION a fait des concerts mémorables...
(6) I'm a rootin'-tootin' cowboy : On retrouve le "rootin'-tootin' cowboy" dans Heart Of Lothian. Le cowboy sifflant et reluquant les nanas.

(7) the Peter Pan : Peter Pan, personnage créé par l'auteur écossais J. M. Barrie, est un garçon qui refuse de grandir et crée son propre monde d'Indiens, de pirates et de fées.
(8) Always taking the point with the dawn patrol fraternity : Littéralement "Prendre le point". C'était une expression utilisée par les soldats, notamment au Vietnam. C'était une mauvaise position à prendre dans une patrouille, c'est le soldat qui éclaire la marche d'une troupe. L'éclaireur passait plusieurs mètres devant la patrouille et vérifiait le chemin pour déceler un danger. On voit très souvent ce genre de scènes dans des films de guerre américains. Habituellement celui qui marche sur une mine, tombe dans un trou de loup.
(9) Call it synchronicity : La synchronicité est une théorie développée par par le psychiatre suisse Carl Gustav JUNG.

(10) call it deja vu : Le sentiment que l'on a déjà vécu un événement et que l'on s'en souvient au même instant que l'instance se déroule réellement. De nombreux scientifiques pensent que le déjà vu est une boucle de rétroaction incroyablement rapide où les informations sont en quelque sorte stockées et récupérées beaucoup plus rapidement que d'habitude. Ici, il faut souligner qu'il s'agit strictement de prémonition.

 
 

TORCH SONG

 

Dans "N°1 Magazine" écrit par Debbie Voller paru le 30 mai 1987, FISH dit :

"C'est la chanson grave de type buveur-romantique, tu sais, "Je suis l'écrivain romantique à la recherche d'une expérience inédite et je m'en fiche si je meurs jeune!" Torch fume, boit et tousse et vous pouvez entendre le Dr. Finlay lui dire "Si vous maintenez ce style de vie vous n'atteindrez pas 30 ans". En fait, les bruits de toux sont réels - j'avais eu une nuit difficile la nuit précédente !"

(1) Read some Kerouac : L'écrivain qui a inventé le terme de Beat Generation et en est devenu le porte-parole était Jack Kerouac. Le mouvement Beat est une expérience sociale et littéraire, né dans le milieu des artistes bohèmes autour de San Francisco, en Californie, et de Greenwich Village à New York à la fin des années 1950. Ses adhérents se sentaient aliénés par la société conventionnelle et adoptaient souvent un style de vie atypique.

Kerouac a développé un style d'écriture non structuré, fluide et spontané qui a fait son apparition dans "Sur la Route" (On the Road) en 1957. Ce livre, le manifeste du mouvement Beat, raconte les voyages frénétiques à travers le pays de ces jeunes qui, bien que pauvres, étaient amoureux de la vie, de l'amour, du sexe, de la drogue, du jazz et du mysticisme. Ils rejetaient complètement les valeurs standard de l'époque.
Le livre attire alors l'attention du public sur l'existence d'une sous-culture très répandue d'artistes, de musiciens, de poètes et d'excentriques que Kerouac a rencontré lors de ses voyages. "Sur la Route" a fait de lui le héros culturel du mouvement.
FISH fait clairement référence à ce manifeste. D'ailleurs, Kerouac est représenté au second plan de la pochette aux côtés de John Lennon et James Dean...

(2) Dr. Finlay : Le Docteur Finlay était un médecin fictif écossais dans une émission télévisée du même nom dans les années 1960.

(3) It was something about roman candles fizzing out : FISH fait ici allusion à une phrase tirée de "Sur la Route" qui dit "the only people for me are the mad ones, the ones who are mad to live, mad to talk, mad to be saved, desirous of everything at the same time, the ones who never yawn or say a commonplace thing, but burn, burn, burn like fabulous yellow roman candles exploding like spiders across the stars and in the middle you see the blue centerlight pop and everybody goes "Awww!" (Les seuls gens vrais pour moi sont les fous, ceux qui sont fous d’envie de vivre, fous d’envie de parler, d’être sauvés, fous de désir pour tout à la fois, ceux qui ne baillent jamais et qui ne disent jamais de banalités, mais qui brûlent, brûlent comme des feux d’artifice extraordinaires, qui explosent comme des araignées dans les étoiles et en leur centre on peut voir la lueur bleue qui éclate et tout le monde fait "Waou" !).

 

SLAINTE MHATH

 

Toujours dans "N°1 Magazine" écrit par Debbie Voller paru le 30 mai 1987, FISH dit :

"Ça se prononce slanj-navah ! Tout le monde le dit en Ecosse, ça veut dire "Santé, À ta santé !" C'est une chanson très écossaise, sur les rêves brisés, et les gars qui se rencontrent dans les pubs (adopte un accent très ivre) : "Och, si ma femme m'avait laissé tranquille et que mon livre s'était arraché, je serais célèbre maintenant ! '' Quand j'écris, j'aime m'asseoir avec un verre, lire un livre, écrire sur un sous-bocks et griffonner sur le côté. Alors que je fais ça à Edimbourg, un type vient : "'Scuse-moi ! 'Faites quoi ? Zêtes écrivain ? J' vais vous dire quelque chose à écrire !" et continue à me raconter toute l'histoire de sa vie. Et comme il était dans une mauvaise passe, je voulais lui dire : "Tu as gâché ta vie, ne le mets pas sur le compte du destin'', mais au lieu de cela, je lui ai juste dit : "À ta santé !!"

(1) Princes in exile raising the standard Drambuie : Le Drambuie est une liqueur dérivée du whisky. Du celte Dram buidheach : "la boisson qui réjouit".
(2) From the dream on the barbed wire at Flanders and Bilston Glen : Bilston Glen dans le Lothian est une région dévasté d'Écosse, connue autrefois pour son industrie houillère. Elle comptait plusieurs grandes mines de charbon qui ont été fermées par le gouvernement Thatcher dans les années '80. Une grande partie de l'emploi dans la région dépendait de ces mines et plusieurs émeutes ouvrières se sont produites au moment des fermetures annoncées. La houillère était le plus gros employeur de la région de Dalkieth où FISH a grandi. Mais le texte "the barbed wire at Flanders and Bilston Glen" fait référence aux grèves des mineurs. Des barbelés ont été placés pour séparer les piquets de grève et la police. Ainsi, les paroles font référence aux barbelés de deux champs de bataille, l'un en guerre (Flandre) et l'autre en agitation (Bilston Glen).
(3) From a Clydeside that rusts from the tears of its broken men : La Clyde est la rivière qui va de Greenock sur la côte ouest de l'Écosse à Glasgow. L'agglomération de Clydeside, qui comprend les villes de Glasgow et de Clydebank, est le plus grand centre de construction navale et de génie maritime de Grande-Bretagne. Dans les années '40 et '50, les chantiers navals du Clyde étaient parmi les meilleurs au monde.
Depuis les années 60, l'industrie navale est en fort déclin, avec les problèmes de pertes d'emplois et de pauvreté qui en découlent. Les gouvernements successifs n'ont pas soutenu cette industrie, bien qu'ils aient déclaré publiquement qu'ils le feraient. À la fin des années '80, une partie de Clydeside a été réaménagée et connaît maintenant les mêmes problèmes de gentrification qui ont affligé les Docklands de Londres. Tout ceci explique la fin de ce vers, "qui rouillent à cause des larmes de leurs hommes brisés".

(4) Is to stand like our fathers before us in the firing line : L'un des jeux de mots les plus puissants de FISH, "Firing Line" fait référence à la fois à la Flandre et à Bilston Glen / Clydeside. Lors de la Première Guerre mondiale, des tranchées ont été creusées à environ huit pieds de profondeur, de sorte que les hommes qui y marchaient n'étaient pas visibles du côté opposé. Les lignes de tir étaient les rangées de sacs de sable sur lesquels les hommes se tenaient pour leur permettre de tirer au jugé contre l'ennemi, jusqu'à ce que, le plus souvent, ils soient abattus par le feu féroce des mitrailleuses. Dans un contexte plus récent, il se réfère aux files d'ouvriers attendant de voir s'ils conservaient ou non leur emploi dans ces industries sacrifiées. La conclusion étant que les hommes au front du chômage des années '80 étaient ni plus ni moins bousillé que leurs grands-parents au front dans les tranchées.

 

SUGAR MICE

 

Dans "N°1 Magazine" écrit par Debbie Voller paru le 30 mai 1987, FISH dit :

"J'étais allongé dans mon lit à l'Holiday Inn et je levais les yeux vers le plafond sur des cœurs et des trucs que certains amoureux avaient sculptés. Je me sentais vraiment déprimé. Alors j'ai appelé ma femme mais c'était un mauvais coup de fil avec beaucoup de longs silences. Je me sentais encore plus déprimé. Torch a fui tout et tout le monde et est parti à la recherche d'un rêve qui n'existe pas !"

Dans un entretien avec Matt Stocks pour Team Rock intitulé "Les 10 meilleures chansons qui ont marqué la carrière de FISH" paru le 24 novembre 2015, FISH dit :

"J'adore aussi les paroles. Je les ai écrites à Milwaukee lorsque nous étions en tournée aux États-Unis. Je me suis retrouvé dans un hôtel de merde, imaginant ce que ce serait si quelqu'un laissait sa femme et ses enfants en Écosse ou ailleurs, traversait la moitié du monde et se retrouvait dans un hôtel horrible avec un bar dégoûtant en bas. Nous sommes arrivés un dimanche, et tout ce que vous voyez par la fenêtre, c’est les marchands qui se tiennent au coin de la rue, et c’est en quelque sorte le sujet de la chanson."
(1) We're just sugar mice in the rain : Comme on le voit sur la pochette du Maxi, ce sont littéralement des petites souris colorées faites de sucre, avec une queue de ficelle.
(2) Daddy took a rain check : Un jeu de mot entre "rain cheque" (remettre à plus tard) et "rain check" (je vais y réfléchir). Mais cela signifie aussi "changer d'avis". Et là, Torch a changé d'avis, il va encore remettre à plus tard sa décision d'arrêter de boire.
(3) Where I sit with the broken angels clutching at straws and nursing our scars : Enfin, l'expression "Clutching At Straws". C'est un espoir désespéré : "Un homme qui se noie essaye désespérément d'attraper une paille". On reviendra un peu plus bas, pour "The Last Straw", sur notre choix de traduction de "Clutching At Straws" (S'Accrocher À Une Paille).

 

THE LAST STRAW

On peut traduire "The Last Straw" de différente façons : La coupe est pleine, C'est le comble, C'est le bouquet, C'est la fin des haricots... Nous avons choisi "La Coupe Est Pleine" car elle renvoie clairement FISH à ses problèmes de boisson... La coupe est pleine et il se noie encore, et ce n'est pas dans un verre d'eau...

Dans l'article de "N°1 Magazine" écrit par Debbie Voller paru le 30 mai 1987, FISH dit :

"Torch est tombé si bas qu'il ne peut maintenant que remonter ! Il recommence à écrire, et boire à nouveau. Il y a un vers qui dit "Juste au moment où tu pensais qu'il était plus sûr de te remettre à l'eau" - ce qui est un bon signal pour boire un verre ! (FISH regarde autour de lui) Oh mon Dieu, quelqu'un a pris le frigo ! Attend ! (il va à côté et revient avec une bière) Alors Torch est de retour dans le bar et il écrit "au plus profond de nous, nous sommes tous pareils'' car il se rend compte qu'il ne sert à rien d'essayer de s'ériger en martyr - tout le monde a un peu de Torch en lui. Et il a contribué aux changements de la seule manière qu'il pouvait, en notant toutes ses observations. Il est de retour à la case départ (FISH descend sa bière) mais il passe un bon moment (slurp !) Et vous ne pouvez pas le condamner !"

(1) With our made up faces and PR smiles : PR est l'abréviation de Public Relations (relations publiques). D'où, des sourires préfabriqués à la manière des stars de la télé ou des politiciens. Si quelqu'un fait un "sourire préfabriqué", il n'est pas sincère et sourit pour apaiser le public.
(2) Clutching at straws, we're clutching at straws : Nous avons donc choisi de traduire le titre par "S'Accrocher À Une Paille". Au moins pour deux raisons.

La première, évidente, tient à ce proverbe bien connu : "Un noyé s'accroche à un brin de paille". Cette expression renvoie à une citation du romancier britannique William Makepeace Thackeray que l'on trouve dans "La Foire Aux Vanités" (Vanity Fair), un des romans-phares de la littérature anglaise : "C'est folie de s'accrocher à une paille, dit la froide raison à l'homme qui se noie".

La seconde, est liée à la trame générale de cette histoire : l'alcoolisme (et son addiction à la drogue) contre lequel lutte Torch, l'anti-héros de cet album. La paille peut ainsi faire référence à la paille de ses cocktails ou celle qui lui sert à sniffer sa coke... Ce qui rend le disque plus désespéré, "Je m'accroche à une paille, et continue de me noyer..." Le projet initial de couverture esquissé par FISH (rejeté par le groupe) va complètement dans ce sens. C'était le fameux verre à cocktail que vous pouvez voir en arrière plan de la page, mais il y avait un petit quelque chose en plus, une paille...

 

HAPPY ENDING

 

Dans l'article de "N°1 Magazine" écrit par Debbie Voller paru le 30 mai 1987, FISH dit :

"Hah! Il n'y en a pas. Sur ce morceau, on entend juste un rire, parce que je déteste écrire des morceaux joyeux à la fin d'un album ! Vous ne pouvez pas tout prendre au sérieux !"

(1) No ! (laughs...) : Un album qui se termine par des rires. Comme le dit FISH ci-dessus, "Vous ne pouvez pas tout prendre au sérieux !" ou peut-être quand c'est désespéré à ce point, mieux vaut en rire...

La citation est tirée de "Éloge de la folie" d'Érasme.

Érasme (Didier Érasme) né en 1466, mort en 1536. Chercheur humaniste néerlandais, fils illégitime du prêtre Rogerius Gerardus. Érasme a lui-même adopté son nom chrétien latin-grec Desiderius qui signifie Ordonné en 1492. Il trouva la vie monastique agaçante et passa une grande partie de sa vie à voyager et à étudier. Son œuvre satirique, Éloge de la folie (1509) a été écrite en Angleterre pour son ami Sir Thomas More. Il est connu pour ses Correspondances latine et pour son édition de la version grecque du Nouveau Testament (1516).

 

Une très bonne base de traduction et les Notes d'Explications ont été collectées  dans le fanzine du Fan-Club français de Marillion et Fish

BLUE ANGEL HS N°4 (Clutching At Straws)

La majorité des Notes d'Explications ont été collectées sur :

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